La question revient dès qu’une entreprise atteint une dizaine de salariés : faut-il mettre en place des titres-restaurant, ou faire livrer des repas ? Les deux formules sont souvent présentées comme concurrentes. Elles répondent en réalité à deux besoins différents, et la plupart des entreprises finissent par utiliser les deux.
Voici de quoi trancher, en partant du coût réel pour l’employeur.
Le comparatif en un coup d’œil
| Critère | Titres-restaurant | Plateaux-repas livrés |
|---|---|---|
| Nature | Avantage social individuel, récurrent | Prestation ponctuelle, collective |
| Financement | Partagé employeur / salarié | Intégralement employeur |
| Régime social | Exonéré sous plafond et conditions | Charge déductible du résultat |
| Coût mensuel employeur | Environ 90 à 130 € par salarié | Selon les occasions réelles |
| Gestion | Contrat, attribution mensuelle, suivi des absences | Commande ponctuelle |
| Le salarié doit | Sortir, choisir, avancer le complément | Rien |
| Adapté à | Le déjeuner quotidien | Réunions, clients, moments collectifs |
Comment fonctionne le titre-restaurant côté employeur
Le principe est simple : l’entreprise finance une part de la valeur du titre, le salarié le reste via une retenue sur salaire. La part patronale doit se situer dans une fourchette encadrée par la loi, entre la moitié et 60 % de la valeur du titre.
Cette participation est exonérée de cotisations sociales dans la limite d’un plafond réévalué chaque année, à condition de respecter les règles d’attribution : un titre par jour travaillé effectivement, un traitement identique pour tous les salariés, pas d’attribution pendant les congés ou les absences. Le dépassement du plafond fait basculer l’excédent dans l’assiette des cotisations.
Pour les montants exacts en vigueur, référez-vous à Service-Public Entreprendre ou à votre expert-comptable : ces seuils bougent tous les ans, et une erreur se paie au premier contrôle.
Ce qu’il faut retenir sur le coût : pour une vingtaine de jours travaillés par mois, un titre-restaurant représente généralement une charge de l’ordre de 90 à 130 € par salarié et par mois pour l’employeur, hors frais de gestion du prestataire.
Ce que le titre-restaurant ne règle pas
C’est un excellent outil, largement plebiscité par les salariés. Mais il suppose une chose : qu’il y ait où dépenser.
Dans les zones d’activité de la périphérie nantaise, cette condition n’est pas toujours remplie. À Carquefou, à Bouguenais ou sur certains secteurs de Saint-Herblain, l’offre de restauration accessible à pied se limite parfois à une boulangerie et une supérette. Le titre est bien versé, mais il finit au supermarché le samedi plutôt qu’à améliorer le déjeuner du mardi.
Trois autres limites reviennent souvent :
- Il ne crée aucun moment collectif. Chacun déjeune de son côté, ou pas.
- Il ne couvre pas les réunions. Un comité qui déborde sur midi ne se gère pas avec des titres-restaurant.
- Il ne convient pas pour recevoir. On n’invite pas un client à sortir sa carte déjeuner.
Ce que les plateaux-repas apportent
La livraison de repas répond à la situation inverse : ponctuelle, collective, entièrement prise en charge par l’entreprise.
Elle intervient sur des moments identifiés : une réunion qui court sur la pause, un déjeuner d’affaires, une journée de séminaire, l’arrivée d’un nouveau collaborateur, un lancement de projet. Autant d’occasions où le titre-restaurant n’est d’aucune utilité.
Côté coût, la logique est différente : vous ne payez que ce que vous commandez. Une entreprise de vingt personnes qui organise deux déjeuners collectifs par mois dépense nettement moins qu’en équipant tout le monde de titres-restaurant — mais elle ne répond pas au même besoin. Nous détaillons les fourchettes dans notre guide sur le prix d’un plateau-repas d’entreprise.
Sur le plan fiscal, ces repas constituent une charge déductible du résultat dès lors qu’ils sont engagés dans l’intérêt de l’entreprise, avec le justificatif correspondant.
Le critère que personne ne regarde : la charge de gestion
Les titres-restaurant supposent un contrat avec un émetteur, une commande mensuelle, un suivi des jours travaillés, la gestion des entrées et sorties, les réclamations sur les cartes bloquées. Sur une PME sans service RH dédié, cela représente plusieurs heures par mois, portées par quelqu’un dont ce n’est pas le métier.
Un plateau-repas se commande en ligne la veille. Il n’y a rien à administrer entre deux commandes.
Ce n’est pas un argument décisif à lui seul, mais il pèse dans les structures de moins de trente personnes.
Alors, que choisir ?
Il n’y a pas de gagnant absolu, et prétendre le contraire serait malhonnête. La vraie question est : quel besoin cherchez-vous à couvrir ?
Privilégiez les titres-restaurant si
Vos locaux sont bien desservis en restauration, vos salariés déjeunent à des horaires éclatés, et vous cherchez un avantage social pérenne qui compte dans une négociation salariale ou un recrutement.
Privilégiez les plateaux livrés si
Vous êtes implanté en zone d’activité avec peu d’offre alentour, vos équipes enchaînent les réunions sur la pause, ou vous recevez régulièrement des clients et partenaires.
Combinez les deux si
C’est le cas le plus fréquent dès vingt salariés. Les titres couvrent le quotidien, la livraison couvre les moments qui comptent. Les deux dispositifs se cumulent sans difficulté : ils relèvent de régimes distincts, l’un comme avantage social individuel, l’autre comme dépense d’exploitation.
Questions fréquentes
Les titres-restaurant sont-ils obligatoires ?
Non. Aucune loi ne les impose. L’employeur a en revanche l’obligation de permettre à ses salariés de se restaurer, ce qui peut passer par un local dédié selon l’effectif.
Quelle différence entre indemnité repas et titre-restaurant ?
L’indemnité rembourse des frais engagés dans une situation particulière, typiquement un déplacement professionnel. Le titre-restaurant est un avantage permanent, attribué pour chaque jour travaillé, quel que soit le lieu.
Peut-on cumuler titres-restaurant et repas offerts par l’entreprise ?
Oui, mais un salarié dont le repas est entièrement pris en charge ce jour-là n’a pas vocation à recevoir aussi un titre pour la même journée. Vérifiez ce point avec votre expert-comptable.
Un plateau-repas coûte-t-il plus cher qu’un titre-restaurant ?
À l’unité, oui : vous financez l’intégralité du repas. Rapporté au mois, non, car vous ne commandez que lors d’occasions précises là où le titre est versé chaque jour travaillé.
En résumé
Le titre-restaurant organise le déjeuner ordinaire. Le plateau livré traite les moments où l’entreprise reçoit, réunit ou remercie. Poser la question en termes de « l’un ou l’autre » conduit souvent à mal couvrir les deux.
Si vos locaux sont dans la métropole nantaise et que vous voulez tester la formule livrée sur une prochaine réunion, découvrez nos plateaux-repas ou contactez-nous. Nous livrons à Nantes et sa périphérie, commande la veille avant 18 h.

